L’AJEF recevait, mercredi 1er avril, Bertrand Piccard, psychiatre, explorateur suisse et grand défenseur des énergies renouvelables et de l’efficience énergétique. L’occasion pour le président-fondateur de la Fondation Solar Impulse de passage à Paris qui promeut 1 500 solutions rentables pour sauver la planète de parler de la guerre en Iran pour la transition énergétique, de l’action climatique, de l’envolée des prix de l’énergie , du pétrole et du gaz, accompagnant les conflits géopolitiques qui se multiplient dans le monde.
Justement, la crise actuelle et le blocage du détroit d’Ormuz sont peut-être pour lui l’occasion de remettre au cœur de l’actualité tous ces enjeux dans le but de réconcilier le climat et l’économie. La nouvelle crise énergétique liée à la guerre en Iran « nous montre ce qu’on n’a pas compris avec la guerre en Ukraine », a-t-il martelé à plusieurs reprises au cours de l’échange et de prendre la formule suivante plutôt étonnante : « On se retrouve comme un abruti dans une baignoire qui a des fuites. Au lieu de les boucher, on ouvre le robinet tout grand pour compenser, mais on n’y arrive pas, alors on se dit qu’il faut absolument un autre tuyau pour amener l’eau dans la baignoire. »
« La question du moment n’est pas de décarboner en faisant des sacrifices et en gagnant beaucoup d’argent mais c’est surtout selon moi de moderniser avec des solutions d’investissement économiquement rentables permettant de développer le pays et créer des emplois. Aujourd’hui, moderniser, c’est un changement de narratif et arrêtons de dire que c’est bon pour l’écologie et le climat », a insisté Bertrand Piccard dès le début de la rencontre. Avant d’être convaincu devant les journalistes membres de l’AJEF : « Sur le plan philosophique, il s’agit de redonner de l’espoir et de montrer que tout n’est pas perdu. Il y a des solutions ».
C’est pourquoi, Bertrand Piccard a beaucoup insisté sur un point essentiel en vue de redonner de la compétitivité en Europe : « Les énergies renouvelables, au lieu d’être vues comme des énergies propres devraient être perçues comme des énergies fabriquées localement avec des emplois locaux, des bénéfices locaux. Elles sont aujourd’hui devenues moins chères que les énergies fossiles, ce que beaucoup de gens oublient. La meilleure façon de rendre de la compétitivité à l’Europe, c’est de développer les énergies renouvelables. »
Interrogé par ailleurs par l’un de nos confrères sur la lutte contre le gaspillage, Bertrand Piccard déclare que « 50 % de la France est encore équipée avec des ampoules à incandescence malgré la loi Borloo. »
Et de surprendre son auditoire : « Si ce pays était équipé avec 100 % de lampes à led, on dégagerait assez d’électricité pour alimenter sept millions de voitures électriques chaque jour », a commenté l’explorateur en pleine préparation d’un tour du monde dès l’automne prochain dans un avion à hydrogène et développé … en France, en Vendée.



