Compte-rendu du petit-déjeuner avec Michel Combes, directeur général d’Altice et Michel Paulin, directeur général de SFR sur le thème « Altice-SFR : après le foot, le rêve américain ? »

Publié le 4 mai 2017

Mercredi 17 mai à 8h30

Michel Combes / Michel Paulin

 Petit déjeuner Ajef du 17 mai 2017 avec

Michel Combes, directeur-général d’Altice et Michel Paulin, directeur-général de SFR

 

. « Nous restons le meilleur acteur télécoms dans les pays où nous intervenons »

. « Le sport et le divertissement correspondent à l’attente de nos clients »

. « Notre niveau d’endettement est cohérent avec ce que nous sommes »

 

Mardi 23 mai, SFR est devenu Altice. L’annonce a été faite à New York où le groupe vient de faire son entrée en bourse. Une seule marque pour clarifier l’offre commerciale, telle est la volonté des dirigeants de l’entreprise. Quelques jours avant cette annonce, Michel Combes, directeur-général d’Altice et Michel Paulin, directeur-général de SFR, répondaient aux questions des membres de l’Association des Journalistes Economiques et Financiers.

La stratégie de convergence dans laquelle s’est engagée SFR, en appui sur trois piliers – l’investissement dans les réseaux, la mutation vers le digital et l’attention apportée au contenu –  donne de bons résultats, a affirmé Michel Combes, directeur-général d’Altice et PDG de SFR, lors du petit déjeuner Ajef. Il a rappelé que l’objectif d’Altice, maison-mère de l’opérateur SFR, était de permettre à l’opérateur télécoms de disposer du « meilleur réseau » permettant de fidéliser les clients existants et de leur offrir de nouveaux services. En 2016, SFR a investi quelque 2 milliards d’euros dans les réseaux.

« Nous restons le meilleur acteur télécoms dans les pays où nous intervenons », a-t-il affirmé tandis que, de son coté, Michel Paulin, directeur-général de SFR insistait sur le fait que l’opérateur avait rattrapé son retard sur le territoire français, aussi bien pour le fixe que pour le mobile.  A ce sujet et concernant le différend qui oppose SFR à Orange, via les tribunaux, le directeur-général de SFR a estimé que les deux parties devaient « revisiter » l’accord initial conclu afin d’étendre la couverture du territoire et qui, pour l’heure, ne répond pas aux attentes de SFR.

Interrogé sur le sport et le divertissement, l’axe de développement (outre la presse) sur lequel parie Altice-SFR, Michel Combes explique que ces secteurs « correspondent à l’attente de nos clients » et qu’il faut continuer à les enrichir. Pour ce qui est du sport, SFR a acquis les droits de la Ligue des champions et de la Ligue Europa, en payant 370 millions d’euros pour pouvoir diffuser sur sa chaîne SFR Sport les matchs des grandes équipes européennes de football, au détriment de ses concurrents, Canal + et BeIN. Cela suppose de gagner 400 000 nouveaux clients pour couvrir les frais engendrés par ces droits audiovisuels, admet-il.

Dans le même temps, l’ancien patron d’Alcatel-Lucent (où son bonus départ, en 2015, avait suscité une vive polémique) confirme son intention de permettre à SFR de « passer à la vitesse supérieure » dans le cinéma et les séries télévisées via une nouvelle chaîne, SFR Studio à partir de laquelle les clients de l’opérateur pourront accéder à 400 films et séries par an.

Ces développements et investissements sur de nouveaux marchés supposent des financements importants alors que l’endettement du groupe reste élevé, autour de 50 milliards d’euros malgré des refinancements réguliers, le dernier en date, de 3,4 milliards d’euros ayant été effectué en mars dernier.  « Notre niveau d’endettement reste conforme à ce que nous sommes », assurent les dirigeants de SFR, précisant qu’il est proche de celui de leurs concurrents notamment américains. De plus, ajoutent-ils, il est organisé « en silos » de façon à cloisonner les activités et les risques éventuels qui pourraient survenir pour chacune d’entre elles.

Interrogé sur l’intention prêtée à Altice de créer une marque unique pour l’ensemble des filiales et activités du groupe, Michel Paulin n’a pas exclu cette hypothèse, ajoutant « qu’il faudra la conduire avec beaucoup de délicatesse de façon à ne pas perturber les clientèles ». Quelques jours plus tard, Patrick Drahi, le fondateur du groupe, annonçait le 23 mai à New York que, d’ici à l’été 2018, la marque unique Altice remplacerait toutes les marques actuelles du groupe à l’échelon mondial y compris SFR pour la France. A l’exception de l’activité médias en France (BFM, RMC, Libération, L’Express, i24 News…), quelques marques au Portugal et Next TV en Israël. Cette décision vise à offrir une meilleure visibilité internationale au groupe et à ses quelque 50 000 salariés dans le monde, à l’approche de l’introduction à Wall Street de ses activités aux Etats-Unis, lesquelles pourraient contribuer, à terme, jusqu’à la moitié des revenus d’Altice dans sa nouvelle configuration.

S.M.

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