Le rapport d’activité 2016, présenté par Serge Marti

Publié le 28 mars 2017

Assemblée générale de l’AJEF du mercredi 29 mars 2017

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RAPPORT D’ACTIVITE DU PRESIDENT

Bonjour à tous, journalistes et membres associés de l’Ajef, et merci de participer à cette Assemblée générale ordinaire. Merci également à l’équipe du Commissariat général de France Stratégie – et tout particulièrement à Jean-Marie Roullé et Marie-Christine Gorju – de nous accueillir à nouveau dans ces locaux historiques.

Avec votre permission, je vais bien sûr faire le bilan de nos activités au cours de l’année 2016 de façon à recueillir vos question et commentaires, mais sans trop m’étendre, de façon à réserver un peu de temps, exceptionnellement, à des propos disons un peu plus personnels.

BILAN D’ACTIVITE 2016

En dépit d’un contexte économique et éditorial toujours aussi difficile, marqué par les difficultés que connaissent nombre de titres de la presse écrite et audiovisuelle d’une part, et par la précarisation croissante de notre profession de l’autre, sur fond de coupes claires dans les effectifs des rédactions, nous avons maintenu le niveau élevé de nos manifestations et de nos activités, en nombre comme en qualité des intervenants. Le souci de préserver la santé financière de notre association, assise sur les seules cotisations de nos adhérents, journalistes et membres associés, et la fidélité des Partenaires du Club de l’Ajef , nous a malheureusement contraints à interrompre les Amphis de l’Ajef, gratuits et ouverts à tous qui, chaque mois, se tenaient au lycée Louis le Grand. Qu’il me soit permis de remercier ici et chaleureusement ceux qui ont organisé et animé pendant de longues années ces Amphis, à savoir d’abord Alain Vernholes qui en a été le fondateur et Gérard Horny qui l’a épaulé ces derniers temps.

Pour ce qui est de nos activités traditionnelles, voici un rapide bilan :

. Les petits déjeuners :

Nous en avons organisé douze en 2016 contre huit l’année précédente, tous au Procope où nous avons reçu notamment Henri de Castries, Maurice Lévy, Pascal Lamy, Angel Gurria, Pierre Gattaz, Guillaume Pépy et enfin, une femme, Isabelle Kocher, la directrice générale d’Engie.

Merci aux membres du Bureau qui ont permis d’accueillir ces personnalités.   A cela il faut ajouter deux petits déjeuners dits « pédagogiques » préparés avec le cabinet Jeantet et qui se sont tenus dans leurs locaux, l’un sur le rapport Terrasse, l’autre sur les lanceurs d’alerte.

. Les Ateliers de l’OCDE :

Ils ont toujours autant de succès. Organisés et animés le plus souvent par Françoise Crouïgneau, en liaison avec l’équipe de communication du Château de la Muette, ils ont été au nombre de sept, comme l’année précédente, sur des sujets divers parmi lesquels le travail dans un monde numérisé, les migrations, le chômage des jeunes ou encore les défis de l’innovation.

. Les Ateliers de l’économie à Bercy :

Grâce à l’insistance de ceux qui en ont la charge et notamment de Philippe Plassart, aux côtés du Sircom, le service de communication de Bercy, cette activité qui, il faut le reconnaître, était un peu en jachère, a repris vie. Trois ateliers ont pu être montés en 2016 autour de Bruno Dalles pour Tracfin, Martin Vial pour les participations de l’Etat, et Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises.

Ce début d’année confirme ce renouveau au regard des deux Ateliers déjà organisés avec Jean-Luc Tavernier pour l’Insee et Odile Renaud Basso, la directrice du Trésor, ce dernier ayant suscité un très vif intérêt.

. La défense de la liberté d’expression

Il s’agit là d’un impératif pour une organisation comme la nôtre, attachée au droit et devoir d’informer librement. Le groupe de travail constitué autour de Ludovic Arbelet, notre « Monsieur juridique », Francis Brochet et Christian Ménanteau nous a permis d’être parfaitement informés sur les initiatives et le cheminement des différents textes sur le sujet, de façon à pouvoir intervenir afin de limiter les entraves au libre exercice de notre métier. Ludovic continue à exercer une veille attentive sur ces sujets au juridisme parfois un peu complexe.

A son initiative, l’avocat Christophe Bigot, spécialisée sur les questions liées à la presse est venu nous éclairer lors d’un petit déjeuner Ajef.

En dehors de ces activités traditionnelles, votre association a poursuivi son action pédagogique en faveur d’une meilleure connaissance de l’économie auprès du plus grand nombre et notamment des milieux scolaires et universitaires. Nous avons reconduit notre partenariat avec les Journées économiques de Lyon, les Jéco qui, en novembre dernier, ont encore rassemblé plus de 10 000 participants sur trois jours. A cette occasion, comme les années précédentes, l’AJEF, à l’initiative de Françoise Crouïgneau, a organisé sa propre table ronde et assuré l’activité éditoriale d’un blog très consulté et réalisé par des étudiants en journalisme. L’Ajef a également reconduit son partenariat actif avec la Journée du Livre et du Prix du livre d’économie et le Prix du meilleur article financier.

Des manifestations et activités diverses dont se fait écho notre site internet Ajef.net placé sous la responsabilité de Françoise Crouïgneau, avec l’appui de Mégane, jeunes stagiaire du CFJ. Une source d’information sur nos activités et sur la profession de plus en plus consultée.

. Le 60ème anniversaire de l’Ajef.

Notre association devait célébrer à la fin de l’année dernière les 60 ans de son existence. Pour ses 50 ans, nous avions pu organiser une belle manifestation au Sénat et publier un livret intitulé « 50 ans d’informations financières » avec la participation de personnalités du monde économique et politique. Ceci grâce aux sponsors sollicités par Solange Stricker. Il en est resté un « trésor de guerre » qui nous a permis de tenir quelques années jusqu’à ce que le Club de l’Ajef et ses Partenaires prennent le relais.

Cette fois et je suis le premier à le regretter, nous n’avons pas pu récidiver pour nos 60 ans, faute de sponsors et je n’ai pas voulu que l’organisation d’une manifestation de ce type, aussi symbolique soit-elle, comporte le risque de mettre en danger le financement  des activités de l’association tout au long de l’année 2017.

Rien n’est perdu car on peut très bien, si la situation financière nous en laisse la possibilité, organiser dans les prochains mois une manifestation spécifique sur un thème lié à l’information ou à un grand sujet économique avec, en toile de fond, les 60 ans d’existence de l’Ajef. A cet égard, la matinée présidentielle organisée le 12 avril en présence des conseillers économiques des principaux candidats à la présidentielle aurait pu être ce type d’occasion mais le temps nous a manqué pour la transformer en véritable caisse de résonance.

Tout ceci me conduit à évoquer les perspectives 2017 et les missions qui vont incomber au nouveau bureau, placées sous le signe de la continuité mais aussi du renouveau.

LES PERSPECTIVES 2017

Elles tiennent en quelques mots : continuer à développer les activités de l’Ajef en les rationalisant au mieux des intérêts de ses adhérents, ce qui implique sans doute de procéder à des ajustement en fonction de nos moyens, humains et financiers ; veiller de près aux finances de l’association ; enfin, prospecter de nouveaux adhérents en s’interrogeant sur ce que l’Ajef peut et doit leur apporter pour pouvoir compter sur leur fidélité et résister à un mouvement d’érosion qui se poursuit au fil des ans.

Vous souhaiterez sans doute commenter ces points importants à l’issue du rapport de notre trésorier, Cyrille Lachèvre. Nous en aurons l’occasion mais je voudrais juste dire un mot sur la structure de gouvernance de l’Ajef. Le bureau sortant avait commencé à répondre au triple impératif que nous nous sommes fixés, pour le bureau comme pour l’ensemble des adhérents de l’Ajef : rajeunir et féminiser les équipes, diversifier les titres représentés. Pour ce qui est du rajeunissement du bureau, il est en bonne voie avec l’arrivée, lors du dernier renouvellement, d’Emmanuel Cugny, de Francis Brochet et de Ludovic Arbelet qui ont été particulièrement actifs.

Ce mouvement va se poursuivre avec la candidature de Richard Hiault et de Hervé Godechot à la présente élection.  La diversité des titres représentés, de la presse écrite comme audiovisuelle en est le corollaire naturel. La féminisation, en revanche, est loin d’être au rendez-vous. L’arrivée de Marie Dancer n’en est que plus méritoire et il faut poursuivre les efforts visant à rééquilibrer une situation décalée au regard d’une profession qui s’est fortement féminisée, y compris dans le domaine économique.

La plupart de ses membres sortants se représentent et je les remercie vivement. Mais c’est à l’ensemble de l’actuel bureau que je voudrais m’adresser. A Anne-Marie Rocco et Jean-Paul Chapel qui ne se représentent pas et qui nous ont transmis des messages très amicaux. A ceux qui replongent avec entrain en se portant candidats : Ludovic Arbelet, Francis Brochet, Emmanuel Cugny, Philippe Escande, Axel Krauze, Cyrille Lachèvre, Christian Ménanteau, Philippe Mabille et Philippe Plassart.

A tous ceux là, je voudrais exprimer la grande satisfaction que j’ai éprouvée de travailler avec eux au cours de toutes ces années, dans un climat au moins aussi amical que professionnel. Qu’il s’agisse de la préparation et de l’animation des petits déjeuners, des Ateliers, et de bien d’autres manifestations où notre présence est toujours vivement appréciée. Ou encore à l’occasion de nos réunions de bureau au café de la Mairie et dont la caractéristique a toujours été d’évacuer au plus vite les points à l’ordre du jour, pourtant jugés essentiels, pour aborder au plus vite le dernier point, celui des questions diverses. Afin de tenter de répondre à la première d’entre elles : « Qui couche avec qui et depuis combien de temps ? ». Sachant que, pour les journalistes que nous sommes, dans ce domaine, seuls la durée et la succession d’actes répétitifs peuvent être considérées comme une véritable information. A cet égard, il faut se féliciter de la présence parmi nous, lors de ces réunions de bureau, d’un « fixeur » très bien informé mais soucieux d’anonymat, d’où son appellation de « Témoin sous X », et qui nous a permis d’éviter bien des « fake news » sur ces sujets hautement sensibles !

Dans cette liste de remerciements, j’ai volontairement omis celle à qui je dois un hommage particulier pour, durant toutes ces années où nous avons  joué la présidence et la vice-présidence à la roulette russe, avoir accepté d’être ma fidèle compagne de route et sans qui cette longue aventure « ajefienne » n’aurait sans doute pas pu se poursuivre dans des conditions aussi favorables. Il s’agit naturellement de Françoise Crouïgneau. Comme moi, vous avez pu apprécier son enthousiasme et son optimisme que je n’ai jamais réussi à tempérer vraiment, sa disponibilité et son activité tout terrains. J’ajouterais le professionnalisme et l’éthique journalistique qui sont, je l’ai déjà dit, la marque de fabrique de notre bureau. Françoise présente à nouveau sa candidature et on ne peut que s’en féliciter.

Mais le bureau de l’Ajef n’est pas seulement incarné par un chef ou une cheftaine. Il est le produit d’une véritable équipe et du travail collectif qui en résulte. Le mieux organisé possible mais avec parfois le besoin de discrets rappels à l’ordre. Ce subtil équilibre repose en grande partie sur un personnage-clé dans notre fonctionnement au quotidien : l’assistante de l’Ajef. Ces dernières années, nous avons eu beaucoup de chance et toujours trouvé la perle rare qui, très attachée à l’Ajef et à ses journalistes, a permis à notre association de rester sur les rails et je voudrais ici leur rendre hommage et les remercier pour le trio efficace ainsi constitué.

Il s’agit de Laurence Durdux qui est restée avec nous durant trois ans avant de s’installer à Rouen pour raisons familiales, ensuite de Sylvie Lanici qui nous aura épaulés pendant plus de dix ans. Efficace, toujours disponible et de bonne humeur, Sylvie nous a aussi permis de profiter de son expérience acquise à l’Expansion, à l’Obs et à Challenges où elle avait déjà laissé d’excellents souvenirs. C’est maintenant au tour de Nadine Decorce qui nous a rejoint il y a deux ans. Parfaitement organisée et très réactive, Nadine a elle aussi l’avantage de bien connaître cette race à part que sont les journalistes puisqu’elle s’occupait déjà depuis douze ans de nos confrères journalistes sociaux avant de se mettre au service de l’Ajef, tout en continuant à exercer ses fonctions à l’Ajis.

Fort de tous ces apports, le futur Bureau procédera à sa propre organisation. En s’appuyant sur ce qui a été réalisé au fil des ans. Mais aussi en fonction des personnalités et des objectifs que s’assigneront celles et ceux qui vont piloter la bonne marche de l’Ajef au cours des prochaines années.

Pour ma part, jusqu’à ce jour, j’ai simplement souhaité poursuivre et développer le travail accompli par mes prédécesseurs, notamment Gérard Moatti que j’ai remplacé en milieu de mandat, Alain Vernholes avant lui, et d’autres ancien présidents qui continuent à nous accompagner et à nous soutenir par leur présence, notamment Michel Garibal qui, les yeux dans les yeux, dément farouchement être le « Témoin sous X » précédemment évoqué…

En ce qui me concerne, vous le savez, j’ai souhaité me présenter à l’élection à vos côtés mais sans briguer de mandat présidentiel et ce pour au moins deux raisons.

La première est statutaire. Je suis en effet arrivé au bout des trois mandats consécutifs de deux ans chacun prévus par nos tables de la loi et qui obligent à cessation de fonction, provisoire ou définitive. En tant que président ou vice-président lorsque nous avons fait l’opération Poutine-Medvedev avec Françoise, j’aurai passé, avec enthousiasme et,  j’espère, lucidité sur notre profession et le bien fondé de nos activités, plus de 17 ans dans ces fonctions. Il est plus que temps de céder la place à quelqu’un de plus jeune et de plus implanté dans une rédaction. Et de s’éloigner un peu. Sur la pointe des pieds. Ou sur la pointe des mots comme il convient davantage à un journaliste.

La seconde raison est l’appel du sud. En tant que méditerranéen, j’ai besoin de soleil, de mer, de peaux multicolores, de l’odeur des épices et du jasmin. D’où mon souhait de m’exfiltrer, dans un premier temps à Montpellier où je veux résider plus longuement, en attendant peut-être de marcher vers d’autres horizons .

Je souhaite donc bonne chance au nouveau bureau. Je sais par avance qu’il aura à cœur de poursuivre la mission que se sont assigné nos aînés il y a plus de soixante ans, au service de l’Ajef et de ses adhérents, et qu’il continuera à promouvoir  ce magnifique métier de journaliste dont l’activité première consiste, reconnaissons le, à lire gratuitement tous les journaux et à pouvoir dire du mal de tout le monde, sans risquer d’être contredit ! Dans un environnement en plein bouleversement depuis que Gutenberg s’est « pacsé » avec la fée Internet pour donner naissance à une union encore un peu chaotique. Sur fond de temps raccourci à l’extrême et d’émotions souvent dénuées de raison.

A et égard et pour conclure, je voudrais vous lire quelques lignes d’un fin observateur de la scène médiatique et qui écrivait ceci :

« Mon inquiétude unique devant le journalisme actuel, c’est l’état de surexcitation nerveuse dans lequel il tient la Nation. Aujourd’hui, remarquez quelle importance démesurée prend le moindre fait. Quand une affaire est finie, une autre commence. Les journaux ne cessent de vivre dans cette existence casse-cou. Si les sujets d’émotion manquent, ils en inventent.. »

De qui est-ce ? Ces propos sont d’Emile Zola, en 1888, tirés d’un long article intitulé  « Le journalisme » et paru dans le supplément littéraire du Figaro le 24 novembre 1888. Ecrivain, critique littéraire mais, c’est moins connu, également critique d’art, Zola cultivait ce qui devrait rester le comportement premier d’un journaliste : l’impertinence. Sachons le préserver.

Je vous remercie.

Serge Marti, président de l’AJEF