Internet, de l’adolescence à la maturité

Publié le 9 janvier 2007

Par Jacques-Henri David, Président de la Deutsche Bank en France

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Il est banal aujourd’hui d’invoquer Internet comme un des moyens de communication du XXI° siècle. Et pourtant, cet outil performant est encore dans une période d’adolescence : n’en ayons pour preuve que les nouvelles applications et utilisations annoncées quasi-quotidiennement.

La révolution de l’information économique dans les médias a débuté il y a quelques années déjà. Il suffit de revenir sur notre passé récent pour mesurer le chemin parcouru. Un exemple simple et frappant: il n’est plus nécessaire aujourd’hui d’attendre l’impression papier des résultats financiers d’une société pour les analyser. D’un simple “clic”, les voilà en moins d’une heure sur le site de la société concernée. Combien de semaines gagnées ?

De cet exemple, tirons les tendances de fond qui vont probablement marquer les dix prochaines années sur le plan de l’information économique et financière :
– Moins de papier, plus d’électronique, et donc plus d’information brute en temps réel.
– L’ensemble des objets mobiles servira de véhicule à l’information, celle-ci touchera donc des publics beaucoup plus diversifiés.
– Le journaliste devra apporter une plus grande valeur ajoutée à ses articles et donner une plus grande place à l’analyse.
– Les articles de fond et d’opinion prendront une dimension plus grande.
– Le contexte géopolitique et la mondialisation entraîneront des besoins d’analyse méthodique sous des angles nouveaux – la dimension régionale, l’environnement responsable… – comme une prise en compte plus importante d’éléments aujourd’hui considérés comme secondaires comme l’immatériel, le quantitatif, la comparabilité, etc.
– Les analyses des perspectives écono- miques, s’adressant à de nouveaux publics, se feront plus pédagogiques et moins élitistes. Elles reflèteront des tendances aujourd’hui nouvelles, mais demain communément admises. Ainsi, les premières pages feront moins référence aux Etats-Unis et plus à la Chine, à l’Inde ou à l’Amérique Latine.
– La transparence des marchés et des transactions exigera, tant des acteurs économiques et leurs régulateurs que des médias, une plus grande déon- tologie dans un monde ouvert, gouverné par des règles multinationales.

Nous regrettions hier la disparition des crieurs de journaux, j’ai bien peur que certains regrettent la disparition du journal papier tel qu’il existe aujourd’hui, dans un monde qui se développe de plus en plus à l’oral et à l’électronique. Ce papier journal aura, en fait, d’autres finalités. Ne regrettons pas le progrès !